À l’issue d’une course de 258 km, le sportif français devance le Belge Wout Van Aert et le Suisse Marc Hirschi. Marco Bertorello/AFP
À l’issue d’une course de 258 km, le sportif français devance le Belge Wout Van Aert et le Suisse Marc Hirschi. Marco Bertorello/AFP

Cyclisme. Alaphilippe aux couleurs de l’arc-en-ciel

Lundi 28 Septembre 2020

Le Français s’est imposé, ce dimanche, à Imola, lors de la course sur route des championnats du monde. C’est la première victoire tricolore depuis Laurent Brochard en 1997.

C’est en s’extirpant violemment du groupe de tête à 100 mètres du sommet de la Cima Gallisterna – ultime difficulté d’un circuit de 28,8 kilomètres à parcourir 9 fois – que le Français Julian Alaphilippe a construit son succès. Puis, sur les 12 km restants, seconde après seconde, mètre après mètre, il s’est tricoté un maillot irisé de champion du monde qui, par deux fois par le passé, lui avait échappé. Sur l’autodrome Enzo et Dino Ferrari, à Imola (Italie), à 100 mètres du bonheur, il s’est retourné une dernière fois. Il a levé les yeux très haut vers le ciel, sans doute pour dire à son père parti au printemps : « Papa, c’est fait ! » Puis, comme saoulé par un effort très (trop) violent, son vélo s’est mis à zigzaguer et son corps à jouer les balanciers. Enfin, dans un ultime retour à la raison, Il a brandi un poing rageur, celui de l’homme qui sait. Après une course de 258 km et au bout d’une échappée en solitaire, il venait de devancer le Belge Wout Van Aert et le Suisse Marc Hirschi.

Le coureur originaire de Montluçon, porteur du maillot jaune pendant trois jours sur le Tour de France 2020, venait, ni plus ni moins, de faire la nique à tous les favoris, la nique à ce destin qui lui échappait depuis le début de la saison, exception faite de cette étape remportée sur le Tour de France et de ses trois jours en jaune. « Pour le moment, c’est très dur de trouver les mots, je veux juste remercier mes équipiers qui ont cru en moi. On a fait un super boulot. C’était le rêve de ma carrière, vous savez. J’ai été si près tellement de fois, mais je n’avais même jamais été sur le podium. Je suis arrivé ici avec beaucoup d’ambition. » Rêve devenu réalité grâce à une équipe de France qui a couru à la perfection, comme le rappelle Guillaume Martin (13e), et sut durcir la course à trois tours de l’arrivée, puis se cacher pour mieux contrer ses adversaires : « Ça a été une course parfaite de bout en bout, on a respecté parfaitement ce qu’on avait dit au briefing. J’ai été vigilant avec Rudy Molard pour que Julian soit dans les meilleures dispositions dans la montée finale. On sait qu’au top de sa forme sur une montée raide et punchy comme celle-là, c’est le meilleur du monde, et il l’a montré une nouvelle fois aujourd’hui. Quand on a un plan précis, c ’est facile de le faire sur tableau noir dans le bus, mais c’est plus difficile de le mettre en place. » Superbe stratégie, en effet, et quel travail d’un Guillaume Martin qui a su anéantir les velléités des favoris, qu’ils soient belges, italiens et même slovènes.

Éric Serres

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